#Chtchoukine : Icônes de l’art moderne

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Du 22 octobre au 20 février 2017 se déroule à la Fondation Louis Vuitton de Paris une exposition incroyable. Icônes de l’art moderne : La collection Chtchoukine, mais qui est Chtchoukine ? je vais revenir sur l’incroyable histoire de ce mécène d’art avant-gardiste et passionné. Cette collection que j’ai pu admirer à la Fondation Louis Vuitton est unique, c’est la première fois depuis la révolution russe de 1917 que toutes ces oeuvres sont réunies dans un même espace.

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Mécène d’art contemporain, Serguei Chtchoukine était un homme d’affaires russe fortuné. Héritier d’une famille de grossistes en textiles, il sera le premier à partir à la découverte du monde pour trouver des modèles à faire manufacturer en Russie. Après l’achat d’un somptueux hôtel particulier, ce qui était pour l’époque fort de réussite sociale, il partira à la conquête de l’art.

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C’est à Paris, capitale de l’art pour l’époque que Serguei Chtchoukine  à acheter son premier impressionnistes, Les roches de Belle-ile de Monet. En quelques années, il achètera d’innombrables oeuvres de Renoir, Degas, Puvis de Chavannes, Van Gogh, Picasso …La première vague de sa collection sera moquée par toute la bonne société moscovite qui ne comprenait pas le sens avant garde de ces tableaux.

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Après le décès de son fils et de son épouse, il s’entichera d’un nouveau style mystérieux, le travail de Matisse et de Picasso. C’est un lien d’amitié sincère qui va naitre entre Matisse et Chtchoukine. Surtout avec la commande de d’un panneau imposant que Sergei Chtchoukine voulait installer dans l’escalier de son hôtel particulier.

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« Les toiles matissiennes ont, par excellence, une signification d’embellissement et d’art appliqué (dans le plus haut sens de ce mot). On les reçoit en même temps que le milieu qui les entoure, avec ces tapisseries du mur d’un vert pâle et le plafond rose et le tapis couleur cerise du parquet, au milieu desquels se mettent à flamber vivement et joyeusement les couleurs framboise et émeraude de Matisse. Plus que cela, on ne sait même pas exactement ce qui « agit » ici en quoi cela agit : la pièce pour Matisse ou bien Matisse pour la pièce. » de Yakov Tugendhold – 1914

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« Une chose est claire pour moi dés à présent : ce qui fait peur dans l’art contemporain, ce n’est pas tant qu’il « crée » des créatures de cauchemar, ce qui fait peur, c’est qu’il s’aventure en des lieux secrets et très dangereux, sans même se poser la question de sa signification ultime. » Alexandre Benois, « Lettres sur l’art. Retour sur les nouveaux chemins de la peinture » – 1912.

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On mesure l’interdit frappant la représentation du nu à sa relative rareté dans la collection Chtchoukine. Les compositions allégoriques peuplées de nus féminins peintes par Gaugin et d’autres artistes. La révolution picturale s’accompagnait ainsi d’un parfum d’impudicité  qui attira les étudiants de l’Institut des arts, lesquels se pressèrent dés 1908 aux visites dominicales de la galerie Chtchoukine. Sergei Chtchoukine proposait gratuitement, tous les dimanches, une visite par lui même de son hôtel particulier et de ses oeuvres.

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« Et nous voici, enfin, dans la dernière pièce, dans une cellule voutée, dans un musée de l’âge de pierre, dans le royaume de l’Espagnol Picasso, cet enfant terrible de la contemporanéité. Suivons pour le moment l’exemple de Chtchoukine qui, même dans les cas où il ne comprend pas Picasso, dit « C’est probablement lui qui a raison et pas moi »… » Yakov Tugenhold – 1914.

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Avec la révolution russe de 1917, Sergei Chtchoukine perdra toute sa collection d’oeuvres d’art. Il réussira à quitter la Russie de justesse avec une somme d’argent importante mais rien d’équivalent à sa fortune d’origine. Il passera les derniers jours de sa vie à Paris sans que les artistes qu’il a fait travailler ne sachent qu’il habitait la capitale.

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Crédits photos : Jordan de Lungarini

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